Ca fait des mois qu’on pense à lui, qu’on s’achète une garde-robe pour le fêter, qu’on réserve ses week-ends, qu’on a le sourire en pensant à lui, et ça y est : le mois de juin est enfin là ! Même le soleil qui se planquait depuis des mois est arrivé pour saluer et fêter sa renaissance !

Les mecs ont ressortis leurs T-shirts moulants et leurs bermudas, les filles laissent s’échapper leurs petits nombrils percés et leurs jambes toutes lisses.

Les terrasses des cafés nous tendent à nouveau les bras et elles se remplissent de badauds assoiffés aux heures où la chaleur se fait plus supportable. Se rendre au travail devient pénible et la vision du ciel azur au travers des carreaux devient vite une offense à votre côté épicurien. Pas de doute, nous sommes en juin…

Un pied dans l’été et dans les vacances, l’autre dans la routine et le quotidien. Mais surtout un pied dans les folles soirées et l’autre dans les Lesbian & Gay Pride !

Car juin, c’est surtout le mois le plus rose de l’année, et c’est sans doute aussi pour cela qu’il est tant attendu. Les médias vont enfin nous ressortir de leurs placards !

Enfin les journaux vont exploiter les photos des Lesbian & Gay Pride qu’ils ont engrangés tout au long des années (au péril de leurs vies d’hétéros), enfin les télévisions diffuseront des images susceptibles de faire de l’audience.

Car les Lesbian & Gay Pride c’est aussi ça, des photographes et des journalistes à la recherche d’images fortes : une drag-queen qui se trémousse sur un char, un gogo huilé cachant ses attributs sous un drapeau, des mecs en cuir et cloutés se promenant mutuellement en laisse : voilà qui fait vendre ! Des images fortes…

Parce qu’un couple de mecs ou de nanas qui se tiennent par la main, qui sont parfois uni(e)s depuis 10 ou 20 ans, qui se sont pacsé(e)s et qui se battent pour que l’on daigne un jour leur donner le droit d’adopter, ce n’est pas une image forte.