Située sur la rive gauche du fleuve Mékong presque face à la ville de Nong Khai en Thaïlande avec une population estimée à 716 000 habitants, la ville de Vientiane est la capitale de la République démocratique populaire du Laos. Trois grands événements ont contribué à une rapide expansion de la ville; la célébration de son 450e anniversaire en 2010, la tenue des jeux d’Asie du Sud-Est en 2009 et la tenue du 10e sommet de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) en 2004. Malheureusement sa fulgurante expansion se fait au détriment des zones humides et des surfaces agricoles de la région.

Fondée officiellement en 1560 par le roi Setthathirath lors du transfert de la capitale du royaume de Lan Xang, la ville aurait tout de même vu le jour en 1540 selon les données archéologiques. Vientiane aurait débuté sous le règne de Photisarath selon les inscriptions découvertes sur 95 piliers de fondation découverts en 2009. Un musée devrait exposer dans le futur les piliers en question de même que 193 autres de la même époque découverts un peu plus tôt vers 2007.

Les birmans tentèrent de prendre la ville en 1570 et 1574 mais elle réussit tout de même à tenir bon. Un peu plus tard, vers 1707, le Lan Xang s’effondra et la ville devint un centre indépendant. De nouveau attaquée par les Birmans en 1764, le général Phraya Chakri réussit à la conquérir en 1778 et la ville devint ainsi dépendante du royaume de Siam. En 1827, la ville fut détruite par les armées du Siam pour ensuite passée sous influence française en 1893. En 1899, Vientiane devint la capitale du protectorat français du Laos.

Vientiane est soumise aux moussons et à une grande humidité. Le taux moyen d’humidité se situe généralement autour de 78%. La saison sèche sévit de novembre à mars, temps idéal pour le tourisme avec des températures oscillant entre 20 et 26°C (68 et 78°F). Le reste de l’année, la ville est soumise à une saison des pluies aux précipitations abondantes et régulières avec des températures variantes de 26 à 30°C (78 à 86°F).

Tourisme à Vientiane

Destination gay de Vientiane

Dans une atmosphère paisible, contrairement aux autres villes de la région, la capitale rappelle un peu certaines villes du continent africain. Laos n’est pas encore touchée par les transformations des métropoles du Sud-Est de l’Asie et il est encore possible d’y admirer de vieilles villas coloniales bordant les larges avenues tout à fait charmantes. Cette capitale à échelle humaine possède une allure de sous-préfecture de province qui fait son charme particulier. Malgré sa paisible tranquillité, la circulation dans la ville s’y fait de plus en plus dense. Il ne sera donc pas rare d’y retrouver des charrettes, des scooters ou des tuk-tuk comme moyens de transport.

Une bonne et agréable façon de débuter la journée à Vientiane sera par une visite au Marché du matin ou le Talat Sao. Le marché est l’endroit idéal pour trouver de tout ou presque. Les babioles, la papeterie, les produits électroniques, les chaussures, les vêtements, les bijoux, l’artisanat et les grignotines en tous genres sont accessibles à très bon prix. Il faudra évidemment marchander le coût du produit car telle est la tradition dans ce temple de la consommation asiatique. Même si le shopping ne fait pas nécessairement partie des priorités de certains visiteurs, ce plongeon dans la vie de Vientiane est un incontournable. Avec sa grande animation, le marché est un agréable contraste avec la tranquillité de la capitale.

Un incontournable tout à fait différent du marché du matin, le That Luang est probablement le lieu le plus sacré du pays. Même si la version originale de ce monument fut construite par le roi Setthathirat au XVIe siècle, celui visité aujourd’hui est la version restaurée au début du XXe siècle par les Français. Le monument brille de tous ses feux dans la capitale. À la première lune de chaque mois de novembre, une fête mi-religieuse mi-profane s’y déroule. Les défilés hauts en couleur attirent de nombreux moines et croyants provenant de partout au Laos. Même s’il est devenu très touristique avec les années, le That Luang est très cher au cœur des habitants dû au fait que le chef suprême du Bouddhisme laotien réside à cet endroit et qu’un cheveu et les cendres d’une des hanches de Bouddha y seraient conservés dans un grand stupa sacré. Afin de profiter de son magnifique jardin et de sa terrasse, il est conseillé de s’y rendre très tôt le matin afin d’éviter la cohue touristique durant la journée.

5 choses à faire à Vientiane au Laos

Véritable témoin d’une superstition toujours présente en Asie, le Stupa noir occupe une petite place tout près du marché du matin. Il ne semble contenir aucune relique et sa date de construction demeure très nébuleuse ce qui en fait un monument très mystérieux attirant de nombreux chercheurs attirés par les mystères de l’histoire asiatique. La rareté des offrandes sur ses les rebords du monument, la moisissure de ses pierres et la végétation abondante poussant ça et là tout autour démontrent bien son côté délaissé par les habitants. La fonction initiale du Stupa noir était de protéger la ville. Les invasions n’ayant pas été repoussées et les Siamois ayant conquis la ville, il perdit les faveurs des habitants qui ne pouvaient se résoudre à le détruire, superstition oblige. Cet abandon et ce manque d’attention de la part de la population locale lui confèrent aujourd’hui tout son charme tranchant avec les façades de magasins modernes entourant le monument. Une visite au monument ramène les visiteurs dans un autre âge de l’histoire.

Au sud-est de la capitale, à environ 24km (15 milles), est situé le Buddha Park ou le Vat Xieng Khouane. Luang Phu Bounleua Sulilat, moine artiste, aurait mis en place un magnifique jardin rempli de sculptures de briques ou de béton armé. D’inspiration animiste, bouddhiste et hindouiste, le parc put voir le jour grâce aux dons des fidèles amassés dans les années 1950. Les amateurs d’exotisme et d’univers étrange seront ravis par une visite au Buddha Park.

Situé au centre de la capitale dans un superbe jardin, le temple Wat Sisaket, signifiant ‘’le cheveu sur la tête’’, fut construit en 1818 par le roi Anouvong. Épargné par les Siamois, on y retrouve des milliers de statuettes du Bouddha en argent, en pierre et en bronze.

À l’image de l’arc de triomphe de la place de l’Étoile de Paris, Patuxai est inspiré de la mythologie laotienne. Édifié avec du béton américain dans les années 1960, il commémore l’honneur des victimes des différentes guerres du pays. Les matériaux utilisés pour construire cet arc de triomphe devaient initialement servir à la construction d’un aéroport.