Tous les ans depuis 1640, les meilleurs lutteurs turcs se réunissent non loin de la capitale de feu l’Empire Ottoman, Edirne (anciennement Andrinople), pour y disputer leur tournoi national, le Kirkpinar. Pendant trois jours, ce sont 1000 athlètes aux corps huilés et à moitié nu qui se livrent à des batailles féroces, mais toujours loyales. 13 catégories d’âge sont concernées par ce tournoi, de l’écolier au colosse de 40 ans. Chaque lutteur porte un « kispet », sorte de bermuda en cuir noir qui s’étend de la taille jusqu’au dessous des genoux. Avant d’engager le combat, il enduit son corps d’un mélange d’huile d’olive et d’eau, qui semble-t-il le protège de la chaleur. Le premier combattant qui se retrouve « le nombril exposé au paradis » est déclarant perdant.

Les Turcs ne s’encombrent pas de règles superflues. Peu de prises sont interdites, et il n’existe pas de restriction quant à l’introduction de la main (et plus si affinité) dans le kispet de son adversaire, si ce n’est celle de ne pas lui infliger de toucher rectal ou de broyage de testicules… Le tout donnant lieu à des scènes à la fois étranges et sensuelles. D’autant que la fraternité et la solidarité sont des valeurs essentielles de ce sport où force et endurance sont les qualités les plus recherchées.

Les lutteurs qui triomphent lors du Kirkpinar sont honorés par le Président de la Turquie lui-même, ainsi que par les leaders militaires et politiques. On leur témoigne le plus grand respect. Il faut dire que la lutte (Yaghi Gures) est en Turquie une discipline très répandue et prestigieuse, aux accents religieux. Chaque école dispose de son club de lutte, et plus de 40 tournois majeurs sont organisés dans l’année.

es photos publiées dans ce post sont extraites du site Turkish Wrestling, où vous pouvez acheter des reportages vidéos réalisés au cours de plusieurs tournois de lutte. Et si vous préférez admirer ces champions en chair et en huile os, pourquoi ne pas programmer une escale touristique à Edirne ?